Route Batschenga-Ntui-Yoko-Tibati-Ngaoundéré (Phase 1)

Published on 4/15/15 at 5:38 PM
Costs : 245077000000
Concours de la BDEAC (M XAF) : 0.0
Approval date : 12/12/14 2:15 PM
Confirm Date : 3/28/15 10:30 AM

Summary of the project

Dans le cadre de la mise en place d’un système de transport permettant la réduction des coûts de transport, le développement des échanges et l’intégration des économies régionales, le Gouvernement du Cameroun a sollicité la participation de ses partenaires traditionnels au financement des travaux routiers du tronçon Batchenga – Ntui – Yoko-Tibati-Ngaoundéré d’environ 595 km.

Le Cameroun a élaboré sa stratégie de renforcement du réseau routier national dont l‘objectif principal est la modernisation et la mise à niveau des secteurs d’appui au développement économique adoptée par l’Etat camerounais. A ce jour, le réseau routier est constitué de près de 230 000 km de routes principales, dont 5 133 bitumées et bien aménagées.

Axe d’échanges quasi indispensable, la réalisation de cette route favorisera le désenclavement des bassins de production agricole de la plaine centrale du Cameroun par rapport aux zones de consommation entrainant l’augmentation des productions, en particulier dans le secteur agricole. Elle contribuera donc à favoriser la transformation structurelle de l’économie camerounaise. Outre cette vocation de voie de desserte nationale, cette route est un véritable vecteur d’intégration économique puisqu’elle constitue un des maillons essentiels camerounais de facilitation du transport inter-Etats de l’Afrique centrale. Le projet offre une nouvelle alternative de transit vers le Tchad, pays enclavé de la région qui s’approvisionne principalement via le Port Autonome de Douala (PAD). Ce tronçon constitue l’itinéraire le plus court (200 km de moins) pour relier les parties méridionales et septentrionales du Cameroun, et partant vers le Tchad. La phase 1 du présent programme consiste en la réalisation des travaux sur la section 1 entre Batchenga-Ntui-Yoko et Lena longue de 248,6 km. Cette phase prend également en compte les aménagements connexes et une partie des besoins en appui institutionnel au secteur des transports et au développement urbain dans l’optique de la complémentarité et de la diversification des opérations de la BDEAC. L’aménagement de la route Batchenga – Ntui – Yoko-Lena a fait l’objet d’études techniques détaillées sur financement de la BAD dont les principales composantes sont :

i) La réalisation des travaux d’aménagement de la route; ii) L’aménagement des infrastructures socio-économiques connexes (pistes secondaires, hangars de marché, centres polyvalents de femmes et des jeunes, écoles, passerelles de piéton, équipement des groupements des femmes etc.); iii) L’Appui institutionnel au Secteur des Transports (Actualisation du Plan Directeur Routier et Appui à la création d’emplois pour les jeunes) ; iv) Gestion et suivi du projet.

Le programme d’aménagement et de bitumage de cette route, dont le coût est estimé à FCFA 245,077 milliards, se prédestine à contribuer à la facilitation de la libre circulation des facteurs dans la sous région. A ce titre, la première réunion du comité d’inscription des projets éligibles à l’Aide Budgétaire Globale qui s’est tenue le 06 novembre 2014 au siège de la BDEAC à Brazzaville, a reconnu le caractère intégrateur avéré de ce programme d’aménagement routier en l’inscrivant dans la liste des projets éligibles à la bonification de l’Aide Budgétaire Globale.

Description

3.3.1 Composante A: Travaux Routiers

 

Cette composante comporte les activités suivantes :

 

(i)                  la construction d’un pont bipoutre mixte acier-béton de 400 mètres sur la Sanga à Nachtigal ;

(ii)               l’aménagement et le bitumage de la section de route Batchenga-Ntui-Yoko, sur un linéaire de 248,6 km ;

(iii)             l’aménagement de 120 km de pistes rurales débouchant sur cette route  pour faciliter l’accès aux sites de production agricoles et désenclaver les zones de production vivrière et de cultures de rente ;

(iv)             l’aménagement d’environ 15 km de voiries urbaines dans les localités de Batchenga, Ntui, Yoko et Lena.

 

Les travaux comprennent également toutes les mesures de mitigation des impacts négatifs sur l’environnement. Le contrôle et la surveillance desdits travaux seront réalisés par un bureau d’études reconnu, ayant une expérience solide en contrôle et surveillance des travaux routiers et de génie civil. Il est également prévu l’intervention d’une ONG pour la sensibilisation des populations à la sécurité routière, à la protection de l’environnement, au VIH/SIDA et aux MST/IST.

 

3.3.2 Composante B : Aménagement des infrastructures socio-économiques connexes.

 

Cette composante comprend les travaux d’aménagement des pistes de collecte de produits agricoles et d’accès aux grands villages sites de production agricole, la réhabilitation des infrastructures sociales situées le long de la route telles que les établissements scolaires, les centres de santé, les centres de promotion des jeunes et de la femme situés tout le long de la route à bitumer. Concernant les écoles situées à proximité de la route, la priorité sera donnée à une clôture de sécurité pour prévenir des accidents de circulation des élèves.

 

Pour les grands villages à forte concentration de population situés sur le long de la route, il est prévu la mise en place des infrastructures sociales nécessaires à l’amélioration du cadre de vie des ménages. Il s’agit de la construction des aires de séchages des produits agricoles, de magasins de stockage, l’implantation des forages d’eau potable, etc. Un grand volet d’appui au genre est prévu dans cette composante, dont la maitrise d’ouvrage déléguée est assurée par le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFF). La réalisation des activités prévues sera précédée de la signature d’une convention avec le MINTP qui est le maître d'ouvrage principal.  L’appui spécifique au genre couvre les aspects de formation pour le renforcement des capacités, la mise en place des unités de production et de transformation des produits agricoles, la fourniture de kits agricoles aux coopératives féminines, la construction des stands d’exposition de produits agricoles et hangars de marchés. La mise en place d’un fonds d’appui aux initiatives économiques des femmes permettra de lever la contrainte d’accès au crédit. Le document décrivant de manière détaillée cette composante est joint en annexe.

 

3.3.3 Composante C: Appui au développement urbain

 

La composante urbaine sur le programme d’appui au secteur du transport au Cameroun est sous-tendue par le choix de financer des aménagements locaux connexes, qui a permis depuis une dizaine d’années d’apporter des équipements sociocommunautaires essentiels aux centres urbains que traverse la nouvelle route, en accord avec la stratégie à long terme que promeut le développement inclusif du continent.

La montée rapide de l’urbanisation en Afrique est un vecteur de développement qui entraîne un bouleversement majeur des économies et des systèmes sociaux et culturels, tout en favorisant dans les villes capitales et les métropoles, une concentration de la population, des activités et des dysfonctionnements des services urbains. Au Cameroun, les agglomérations de Yaoundé et de Douala sont caractérisées par leur extraordinaire expansion spatiale qui exige une approche de développement global et intégré de l’espace urbain. La bonne gouvernance et la maîtrise de l’urbanisation sont des facteurs déterminants pour accélérer la croissance et réduire la pauvreté.

L’appui institutionnel proposé permettra d’aider les Pouvoirs Publics à mettre au point des solutions appropriées pour examiner et apporter des réponses concrètes aux défis majeurs du développement urbain, notamment : (i) l’utilisation des potentialités du secteur urbain et conditions pour l’accélération de la croissance et la réduction de la pauvreté, (ii) l’élaboration du cadre institutionnel de la décentralisation et mécanismes organisationnels pour une gestion urbaine performante, (iii)la sécurisation et rationalisation de l’occupation du sol en ville, y compris la prise en compte des besoins des urbains pauvres, (iv) la conduite d’une politique d’aménagement du territoire basée sur la complémentarité entre les centres urbains et leurs territoires, (v) la contractualisation entre le Gouvernement et les administrations locales, dans le cadre de projets d’investissements urbains basés sur la recherche de performances managériales, (vi) le recours aux financements provenant d’autres sources que du budget général de l’Etat et des partenaires au développement, notamment du secteur privé.

La composante urbaine prend en compte deux piliers de la stratégie de développement urbain, notamment le financement des infrastructures urbaines et la promotion d’une gouvernance urbaine efficace ; elle comprend un appui institutionnel au niveau national et des interventions ciblées dans quatre villes du projet.

L’appui institutionnel au niveau national va permettre de préparer un programme national de développement urbain au Cameroun, les priorités du Gouvernement dans le secteur et les engagements des différents partenaires qui y appuient le développement urbain. Cet appui comprend :

-        La formulation du Programme national de développement urbain à moyen terme, pouvant couvrir (i) un appui institutionnel et technique à l’administration centrale (aménagement du territoire, urbanisme, habitat, cadastre, décentralisation) et (ii) un appui au développement des communautés urbaines et des villes moyennes (administration territoriale déconcentrée et municipalités), notamment en ce qui concerne la planification et les aménagements urbains, la gouvernance urbaine, la réglementation urbaine et foncière, le financement des infrastructures urbaines, l’appui aux services de base à travers les PPP (transport et mobilité, énergie, TIC, énergie, eau, assainissement, déchets), la promotion de l’économie urbaine (développement économique local).

-        La conduite d’une étude de faisabilité pour la création d’agence d’urbanisme pour les communautés urbaines, notamment Yaoundé et Douala, en ligne avec le pilier gouvernance de la stratégie.

Les interventions ciblées dans les villes du projet, s’inscrivent d’abord dans la programmation du Ministère de l’habitat et du développement urbain (MINHDU) en matière de planification urbaine et d’aménagement du territoire ; elles renforcent ensuite la pratique des aménagements connexes que la BAD met en œuvre avec les projets urbains depuis une dizaine d’année ; elles tiennent compte enfin des besoins prioritaires exprimées par l’administration territoriale et les populations bénéficiaires lors des consultations publiques. Ces interventions concernent les villes de Batchenga, Ntui, Yoko et Tibati et comprennent les activités suivantes :

-        Elaboration ou actualisation des documents de planification urbaine :plan de référence et plan d’occupation des sols (POS) conformément à la réglementation nationale. Ces documents seront accompagnés d’outils techniques nécessaires à la mise en place d’une bonne gestion municipale, en l’occurrence le plan d’investissement prioritaire (PIP) et le plan d’entretien prioritaire (PEP), spécifiquement orienté vers les infrastructures réalisées.

-        Appui à la réorganisation et au renforcement des capacités institutionnelles techniques des services municipaux : réorganisation des services,  formation des ressources humaines, maitrise d’ouvrage communale, mise en place des outils techniques et réglementaires, financement des équipements, mobilisation des ressources propres. Cet appui est nécessaire pour assurer le suivi-évaluation de la mise en œuvre des PIP et PEP élaborés.

La mise en œuvre de la composante urbaine du projet sera assurée par une équipe focale désignée par le Ministre de l’Habitat et du Développement Urbain à travers une délégation de maitrise d’ouvrage du MINTP et placée auprès de la cellule d’exécution du projet.

 

3.3.4 Composante D: Appui institutionnel au secteur des transports

 

Le projet s’articulera autour du renforcement de la Gouvernance sectorielle à travers un appui aux reformes structurelles du secteur notamment le renforcement des structures en charge de l’entretien routier et le soutien aux mécanismes de l’entretien

L’objectif principal de l’appui institutionnel est de faire du secteur des transports le socle du développement pour atteindre les objectifs de la « Vision Cameroun , pays émergent à l’horizon 2035 ». Les principaux résultats attendus du présent appui portent essentiellement sur :

 

  • l’élaboration d’un programme prioritaire de développement des infrastructures de transport au Cameroun en cohérence avec la vision 2035,
  • le diagnostic des stations de pesage et du système de contrôle de charge à l’essieu existants au Cameroun pour assurer la durabilité des investissements,
  • l’amélioration des performances organisationnelles et des compétences de la Cellule en charge des projets routiers au Cameroun

 

3.3.5 Composante E : Gestion et suivi du projet

 

Audit comptable et financier du projet : Un audit des comptes du projet sera réalisé chaque année par un cabinet comptable recruté sur la base d’une liste restreinte. L’objectif de l’audit sera de rassurer les bailleurs sur la bonne utilisation des ressources mises en place pour la réalisation du projet.

Audit technique du projet : L’objectif de l’audit technique du projet est de permettre au maître d’ouvrage de bénéficier de l’opinion professionnelle et avisée d’un expert indépendant de haut niveau sur : (i) les études réalisées ; (ii) les solutions techniques adoptées ; (iii) la situation de l’exécution des travaux selon les règles de l’art ; et (iv) la transparence dans les acquisitions et leur conformité aux dispositions des accords de prêt et de protocole d’accord de don. Les prestations du consultant se feront sous forme de missions ponctuelles d’environ vingt (20) jours par mission, deux fois par an, tout au long de l’exécution des travaux.

Suivi-évaluation du projet : Il est prévu le suivi-évaluation du projet par l’Institut National de la Statistique (INS) en collaboration avec la société civile impliquée dans le contrôle citoyen.

Fonctionnement de l’organe d’exécution du projet : Il est prévu la mise en place d’un budget de fonctionnement pour la Cellule, afin de couvrir les dépenses relatives au suivi du projet. Ces dépenses concernent principalement les primes et indemnités à verser aux experts, l’acquisition d’équipements informatiques nécessaires au suivi de l’exécution du projet par la CEP et la DIR/MINEPAT, ainsi que les dépenses courantes de fonctionnement.

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