Financement de la gestion durable des forêts tropicales humides du Bassin du Congo

Publié le 09/04/15 à 17:21

Dans les pays du Bassin du Congo, les opérateurs de la filière forêt bois, particulièrement les entreprises de taille modeste et d’implantation essentiellement locale, rencontrent des difficultés d’accès au crédit bancaire pour financer leurs investissements. Certains ont déjà fait le choix de l’aménagement durable et, dans certains cas, de la certification ou de l’industrialisation, des activités qui induisent des besoins d’investissement plus lourds et de natures différentes (premiers plans d’aménagement, unités de transformation, efficacité énergétique, etc.).

Les conditions de prêts offertes par les banques locales sont souvent inadaptées, notamment du fait de la faible connaissance par les banques des caractéristiques économiques et financières des filières durables du bois tropical. Le secteur bancaire dans les régions détentrices des principales forêts tropicales du monde peut en effet rencontrer des difficultés à mobiliser une expertise capable de croiser les domaines de la finance et du développement durable, et ainsi d’adapter sa perception du risque sur de telles activités.

La transcription des enjeux environnementaux en données économiques affectant la rentabilité des investissements, à travers la mise en place au sein des banques de démarches de Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE), représente un des enjeux majeurs d’une transition vers un mode de développement plus durable. Plusieurs initiatives ont été récemment lancées dans ce sens, mais elles relèvent plus de la sensibilisation des acteurs financiers que de l’offre de solutions d’accompagnement concrètes dans l’évolution de leurs pratiques (guide WWF, rapport Banktrack, Forest Footprint Disclosure) et restent peu diffusées dans les régions tropicales humides.

C’est dans ce contexte que l’Agence Française de Développement (AFD), à travers le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM) a consenti à la BDEAC, le 2 avril 2012, une subvention d’un montant de EUR 2,7 millions (environ FCFA 1,77 milliards) afin de mettre en œuvre un appui technique aux banques de la Région du Bassin du Congo pour favoriser le financement des initiatives en faveur de la gestion durable des forêts tropicales humides (FINFORTROP). L’appui technique mis en œuvre dans le cadre du projet bénéficiera aux banques volontaires des pays de la zone CEMAC et de la République Démocratique du Congo.

L’objectif général du Projet est de préserver la biodiversité des forêts tropicales humides grâce à la promotion des activités d’exploitation forestière dans un cadre durable, qui est de nature à lutter contre la déforestation et le changement climatique. Spécifiquement, ce projet d’appui opérationnel aux banques volontaires qui financent le secteur productif dans le Bassin du Congo vise (i) l’introduction d’une démarche RSE au sein des banques participantes, (ii) l’acquisition par ces banques d’une meilleure connaissance des problématiques de l’exploitation forestière durable et de l’industrialisation de la filière bois, (iii) une meilleure intégration dans leur démarche de la finance carbone forestière et (iv) une amélioration de la capacité  des opérateurs de la filière à préparer des dossiers de qualité, et des banques à les instruire et financer.

Du point de vue des banques volontaires, ce programme d’accompagnement technique pourra ainsi constituer un moyen d’identification de nouvelles opportunités d’affaires. Pour les opérateurs de la filière bois, le programme constitue une meilleure base d’échange avec les institutions financières afin de surmonter certains obstacles au financement du secteur.

Le Projet, dont le coût total est estimé à 18,5 millions d’euros, est prévu pour s’exécuter sur une durée de trois (3) ans. Il a démarré en 2013, par la signature de la convention de subvention avec l’AFD et le recrutement des expertises indispensables à sa mise en œuvre.

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