Une Institution en mode croissance

Published on 2/19/15 at 11:29 AM

Dans son plan stratégique 2013-2017, la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC) entend contribuer efficacement à la croissance des économies de la sous-région. Cette ambition n’est pas nouvelle. Elle est même consubstantielle à la BDEAC. Toujours est-il que la banque sans cesse en mutation, va entrer dans une nouvelle ère. En effet, le capital de l’institution a été réévalué. Il passe de 210 à 1200 milliards FCFA. Les États membres et les actionnaires l’ont ainsi doté d’une situation patrimoniale et d’une capacité d’endettement conformes aux objectifs opérationnels du plan stratégique 2013-2017.

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Adopté le 29 avril 2013, ce plan stratégique ne constitue cependant qu’une étape vers la vision de la Banque pour cette période.  Mais il n’est qu’une étape vers la vision globale de la BDEAC dont l’objectif final est fixé à l’horizon 2025. Pour l’institution bancaire, il est question de devenir un acteur clé du développement économique et social de la Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) et de devenir un instrument de financement de référence pour les Etats de la CEMAC.

Pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés, la BDEAC créée il y  a 39 ans,n’a eu de cesse de se remettre en question.  C’est ainsi que depuis cinq ans, un vaste programme de réformes a été amorcé pour rendre la BDEAC plus performante.  Ce Programme de réformes engagé avec l’appui des partenaires extérieurs de la banque consistait notamment en la mise en place d’outils modernes de gouvernance et d’intervention conformes aux standards internationaux.Le processus est quasiment à son terme.

Ainsi, en présentant il y a quelques semaines, à Brazzaville au Congo, le bilan de l’institution en 2014 et les perspectives 2015, Michaël Adandé, le président de la BDEAC n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction. « Les réformes sont aujourd’hui quasiment achevées et graduellement mises en application par les services de la banque dans leurs opérations quotidiennes. (…) au-delà de la sécurisation des opérations, elles auront un impact certain sur l’attractivité de l’institution qui pourra, dès lors, se prêter à la notation, condition nécessaire à la mobilisation des ressources appropriées au financement des projets de développement », résume à cet effet, le président de la BDEAC.

Désormais porté à 1200 milliards de francs CFA, avec une fraction libérale qui tourne autour de dix milliards de francs CFA pour chacun de ses Etats membres, le capital de la BDEAC devrait lui permettre de renforcer sa capacité d’emprunt. Par ailleurs, il augmentera son volume d’intervention par opération et par emprunteurs, notamment. Pour le président de la BDEAC, «les réformes que traduisent désormais les méthodes de la Banque appellent des décisions fortes de la part des autres acteurs concernés par la problématique du financement du développement dans la zone ». Du reste, le capital de 1.200 milliards de francs CFA, n’est pas à libérer d’une seule traite. Selon les règles de la banque 10% au minimum du capital souscrit peuvent être décaissés, les 90% restants étant sujets à appel.

A terme, il est question de tirer profit des indicateurs macroéconomiques rassurants et stabilisés qui caractérisent aujourd'hui les pays de la CEMAC.

Toutes les projections faites sont étroitement liées à la promotion du secteur privé et au développement des infrastructures notamment routière et énergétique. Dans tous les cas, au redressement de la BDEAC qui est effectif, s’impose l’urgence d’une implication des Etats membres de la CEMAC pour opérer des choix déterminants, notamment dans l’utilisation des excédents de liquidités de la zone pour le financement des économies.