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Tchad

1. CADRE MACROECONOMIQUE ET SECTORIEL

1.1. CADRE MACROECONOMIQUE DU PROJET

1.1.1. Généralités

Le Tchad est limité au nord par la Libye, à l’est par le Soudan, à l’ouest par le Nigeria, le Cameroun et le Niger et au sud par la République Centrafricaine. Pays enclavé, il couvre un vaste territoire de 1 284 000 km2. Le couvert végétal est caractérisé par une végétation de steppes et de déserts au centre et au Nord et de savanes arborées au Sud. Ces trois zones climatiques sont: (i) la zone désertique au nord (moins de 200 mm de pluie) ; (ii) la zone sahélienne au centre (200 à 700 mm de pluie) et ; (iii) la zone soudanienne au sud (de 700 à 1200 mm de pluie).

Sur le plan économique, les principales sources de croissance sont le pétrole mis en exploitation depuis octobre 2003 et l’agriculture, notamment le coton, la gomme arabique et les cultures vivrières ainsi que l’élevage. Les ressources pétrolières offrent de nouvelles perspectives au pays mais ne sont pas sans problème du fait des attentes de la population et des risques de conflits qu’elles pourraient engendrer. Le pays, depuis 1995, poursuit de manière continue, des réformes économiques soutenues par les principaux bailleurs de fonds. Il a atteint le point de décision de l’initiative PPTE renforcée depuis mai 2001. Le DSRP final a été adopté depuis 2003.

Sur le plan social, le Tchad présente des indicateurs de développement qui font de lui l’un des pays les plus pauvres du monde avec un IDH le classant 170ème rang sur un total de 177 pays en 2007. Près de la moitié de la population vivent sous le seuil de pauvreté (vivant avec moins de Un dollar par jour). Le taux brut d’alphabétisation des adultes est de 25,7 %. Espérance de vie est de 50,4 ans. Le taux de prévalence du VIH-SIDA se situe entre 5% et 12% selon les régions.

1.1.2. Evolution de la production et inflation

En 2008, l’activité économique au Tchad a subit le contrecoup, d’une part, des événements de janvier et février 2008 et, d’autre part, de l’augmentation généralisée des prix des denrées alimentaires. Ainsi, le taux de croissance du PIB réel s’est fixé à 1,9% en 2008, en recul par rapport à 2007 (2,6 %).

Du côté de l’offre, au niveau du secteur primaire hors pétrole, la branche « agriculture » a participé de 0,5 point à la croissance, principalement à cause de la bonne tenue des cultures vivrières, en liaison avec les conditions météorologiques favorables, cependant atténuée par le ralentissement des activités agricoles de rente. La contribution de la branche « élevage » s’est située à 0,3 point en raison du dynamisme des politiques mises en place par le gouvernement en vue de favoriser ce sous-secteur. L’apport de la branche sylvicole est resté stable entre 2007 et 2008. Enfin, le concours de la branche extractive a été négatif de 1,4 point, en liaison avec le rythme de la progression de la production pétrolière. En effet, la production du brut tchadien atteindrait 6,5 millions de tonnes de barils en 2008 contre 7,3 millions de tonnes de barils, en baisse de 11,0 %. Le secteur secondaire a contribué à hauteur 0,9 point à la croissance en 2008, en liaison avec les performances enregistrées au niveau de la branche manufacturière qui a participé de 0,4 point à la croissance, grâce au développement des multiples petites unités de transformation alimentaire. Cette performance serait entamée notamment des difficultés d’approvisionnement en électricité et le renchérissement des coûts d’importation. Ce secteur profiterait également de la branche des Bâtiments et Travaux publics en rapport avec les multiples travaux engagés dans la reconstruction du pays après les dégâts causés par les événements de janvier et février. Le secteur tertiaire a été le plus touché des événements qu’a connus le pays au cours de cette année 2008. En effet, la contribution du secteur tertiaire a atteint 1,0 point en 2008 contre 3,1 points initialement prévus, en nette diminution par rapport à 2007 qui avait enregistré 2,1 points, en liaison principalement avec les évolutions enregistrées dans les branches commerce et administrations publiques. Cependant, la sous-branche des télécommunications a connu un regain d’activité économique en rapport avec la vive concurrence entre les opérateurs économiques et la reprise de celtel par la société Zain Tchad.

Du côté de la demande, la plus forte contribution à la croissance est venue de la demande intérieure de 12,7 points en 2008 constituée de 10 points de consommation globale et de 2,6 points des investissements bruts. La demande extérieure nette a retardé la croissance à concurrence de 10,8 points, sous l’effet de la progression plus forte des importations par rapport aux exportations des biens et services.

Sur le front de l’inflation, depuis le début de l’année 2008, les prix ont enclenché une tendance à la hausse en liaison avec les niveaux particulièrement élevés des prix des produits alimentaires. Ainsi, l’indice des prix à la consommation des ménages nationaux, suivi par l’Institut National de la Statistique et des Études démographiques (INSEED) s’est situé à 4 % en moyenne annuelle.

1.1.3. Situation des finances publiques

Pour 2008, le principal défi de politique économique et particulièrement budgétaire a consisté à garantir une bonne utilisation des revenus pétroliers escomptés pour la réduction de la pauvreté, compte tenu de la nature épuisable des ressources et de la volatilité des recettes. Aussi, l’objectif budgétaire était de réduire le déficit primaire hors pétrole.

Sur cette base, les recettes budgétaires de l’État se fixées à 858,1 milliards en 2008 contre 764,8 milliards un an auparavant. Elles ont augmenté globalement de 12,2 % et se composent de 676,2 milliards en recettes pétrolières et 181,9 milliards de recettes non pétrolières. Ainsi, on note que la hausse des recettes pétrolières serait contrebalancée par la baisse des recettes non pétrolières. La révision des recettes pétrolières initialement prévues de 577 milliards à 593, 9 milliards en 2008 seraient imputable surtout à la hausse des prix du pétrole sur les marchés internationaux qui serait atténuée dans une moindre mesure pour l’année 2008 par la baisse des cours mondiaux des matières premières suite à la crise financière internationale. Cependant, la forte dépréciation du dollar par rapport au franc CFA et des coûts financiers d’exploitation du consortium plus élevés que prévu épongerait une partie de cette augmentation. De l’autre côté, la baisse des recettes non pétrolières s’expliquerait par des dommages subis par certaines entreprises et des difficultés de mobilisation des recettes suite à l’attaque de Ndjamena.

Les dépenses publiques, pour leur part, se sont établies à 716,8 milliards en 2008 contre 647,4 milliards un an plus tôt, en forte progression de 10,7 % par rapport à 2007. Cette augmentation serait imputable aux postes traitements et salaires (27,1 %), biens et services (53,2 %) et dépenses d’investissements (19,6 %). En effet, la masse salariale de l’armée a été revue à la hausse de 10 milliards du fait de l’accroissement du nombre de soldats et des salaires plus élevés. La progression des biens et services s’expliquerait entre autres par l’évolution des effectifs supplémentaires de l’armée et de la facture plus élevée de la consommation d’électricité, d’eau et de téléphone de l’administration centrale. Les dépenses de sécurité exceptionnelles augmenteraient fortement, ce qui traduirait le coup de force de février 2008. Enfin, les dépenses d’investissement sur ressources intérieures ont atteint 187,7 milliards contre 158,1 milliards en 2007.

L’excédent du solde primaire de 5,7 % du PIB en 2007 a cru à 6,1 % du PIB en 2008 en même temps que l’excédent du solde budgétaire de base s’est amélioré à 5,7 % du PIB en 2008 contre 5,3 % du PIB en 2007.

Enfin, la gestion des finances publiques en 2008 a dégagé un excédent budgétaire, base engagements, hors dons de 141,3 milliards (3,8 % du PIB) en augmentation par rapport aux réalisations de 2007 qui se sont situées à 117,4 milliards (3,5 % du PIB).

En y incorporant l’apurement d’arriérés intérieurs de 21,0 milliards, l’amortissement de la dette extérieure de 61,7 milliards, et le désengagement vis-à-vis du système bancaire et non bancaire de 132,8 milliards, le besoin de financement de l’État s’élèverait à 74,2 milliards. La mobilisation du financement extérieur et intérieur comprenant 64,1 milliards au titre de dons et 10,2 milliards au titre d’emprunts permettrait de couvrir entièrement ce besoin.

1.1.4. Balances des paiements

Dans le domaine des échanges extérieurs, le déficit des transactions courantes, hors dons, s’est aggravé, se situant à 402,1 milliards en 2008, soit 10,7 % du PIB, contre 390,7 milliards en 2007 (11,6% du PIB). Cette évolution proviendrait des contre-performances enregistrées dans les balances des services, des revenus ainsi que de celle des transferts sans contre-partie en dépit du redressement de la balance commerciale. En effet, l’excédent de la balance commerciale augmenterait pour s’établir à 1 227,7 milliards en 2008. Pour sa part, le déficit des services s’est dégradé davantage pour atteindre 959,8 milliards contre 886,6 milliards en 2007, en liaison avec l’évolution des dépenses de fret et d’assurance. De même, le déficit de la balance des revenus s’est creusé de 142,9 milliards pour se fixer à 717,1 milliards en 2008. Parallèlement, l’excédent des transferts courants s’est réduit pour atteindre 117,6 milliards contre 129,0 milliards une année plus tôt, à cause de l’afflux des investissements privés liés aux activités pétrolières.

De son côté, l’excédent du compte de capital et d’opérations financières s’est contracté légèrement à 426,5 milliards en 2008 contre 436,4 milliards en 2007, en liaison principalement avec la progression des investissements directs étrangers.

En définitive, l’excédent de la balance des paiements s’est contracté légèrement pour s’établir à 94,7 milliards en 2008 et renforcé ainsi la reconstitution des réserves officielles à concurrence de ce montant.

S’agissant de la dette publique extérieure, l’évolution des finances publiques et des comptes extérieurs s’est traduite par une dégradation du ratio du service de la dette rapporté aux exportations et du service de la dette rapporté aux recettes budgétaires qui sont passées de 1,7 % en 2007 à 3,4 % en 2008 pour le premier et de 4,2 % à 8,4 % du PIB pour le second. Quant au ratio de l’encours de la dette rapporté au PIB, il s’est réduit à 23,3 % du PIB en 2008 contre 27,6 % du PIB en 2007.

1.1.5. Situation monétaire

Au 31 décembre 2008, la situation monétaire du Tchad s’est caractérisée par un fort redressement des avoirs extérieurs nets rendu possible par la hausse des revenus pétroliers et la baisse des engagements à l’égard du FMI, une augmentation des crédits à l’économie et une hausse des créances nettes sur l’État.

En effet, les avoirs extérieurs nets ont progressé de 22,2 %, pour atteindre 510,5 milliards en 2008 contre 417,8 milliards un an plus tôt. Le taux de couverture extérieure de la monnaie quant à lui s’est situé à 93,5 % contre 90,2 % à fin décembre 2007.

Pour leur part, les crédits à l’économie se sont établis à 167,7 milliards à fin décembre 2008, soit une augmentation de 37,8 %, compte tenu du regain d’activité économique lié notamment à la relance de la demande intérieure et du développement de l’activité dans l’industrie agroalimentaire et le secteur tertiaire.

Enfin, les créances nettes sur l’État ont augmenté fortement en liaison avec les effets des événements de janvier et février 2008.

En conséquence de toutes ces évolutions, la masse monétaire a progressé de 4,9 %, passant de 397,8 milliards au 31 décembre 2007 à 450,9 milliards au 31 décembre 2008.

1.1.6. Perspectives en matière de réalisation des OMD

Comme le montre le tableau ci-après, si le pays est en passe d’atteindre d’ici 2015 les objectifs concernant la diminution de moitié du nombre de pauvres et de personnes affectées par le VIH/SIDA et le paludisme, il n’en est pas de même pour les autres objectifs portant sur l’éducation, la santé, la durabilité de l’environnement et l’accès à l’eau pour la majorité de la population. Les résultats de l’enquête ECOSIT II 2003-2004 devraient améliorer la connaissance de l’évolution réelle de la situation. Le CEMT 2005-2007 qui est viable est aligné sur les OMD. En effet, il vise une croissance économique soutenue dont l’une des sources sera le secteur non pétrolier à travers le développement rural, y compris la gestion des ressources naturelles, les infrastructures économiques de base, dont l’accès à l’eau potable. Il est également visé l’amélioration de la situation en matière de santé et d’éducation. La mise en œuvre des CEMT en cohérence avec le DSRP devrait contribuer à la réalisation des OMD. Le succès dépendra essentiellement de la qualité de la gouvernance, des choix économiques et sociaux favorables aux pauvres, et du choix judicieux des programmes et des projets.

Tableau 1 – Objectifs du millénium pour le développement pour le Tchad


ODM Situation actuelle au Tchad Objectifs du DSRP Perspectives et actions en cours de la Banque
1- Diminuer de moitié, entre 1990 et 2015, l’effectif de la population en état de pauvreté extrême et victime de la faim En 1995-96, l’incidence de pauvreté était d’environ 43.4%. D’après le DSRP, il passera à 40% en 2006, et sera réduit de moitié par rapport à 1995 d’ici 2015. Le pays est en passe d’atteindre l’objectif. Alors que les revenus pétroliers offrent une perspective favorable pour réaliser l’objectif premier du DSRP de réduire de moitié la pauvreté d’ici 2015, le succès dépendra essentiellement de la qualité de la gouvernance, des choix économiques et sociaux pro-pauvres, et du choix judicieux des programmes et des projets

2- Etendre l’éducation primaire à tous d’ici 2015, garçons et filles. En 20001/2002 et 2003/2004, le taux brut de scolarisation dans le primaire est passé de 91,5% à 105,7% pour les garçons, et de 63,8% à 69, 3% pour les filles. Le but du DSRP est d’augmenter le taux brut de scolarisation primaire à 90% et à 60% respectivement, pour les garçons et les filles d’ici 2006. Le pays est en passe d’atteindre l’objectif. Les objectifs en 2006 du DSRP ont été dépassés. Comme indiqué précédemment, la stratégie du Gouvernement, soutenue par le PARSET offre un cadre favorable à la réalisation des objectifs. Le Projet PASE 2005-2009 en cours contribuera à l’atteinte des objectifs.
3- Eradiquer les disparités entre garçons et filles dans l’enseignement primaire d’ici 2005, et à tous les niveaux d’ici 2015. Le taux d’alphabétisation des femmes était d’environ 31% en 2001 et de 59,4% pour les hommes. En 2000/2001, le taux de scolarisation des filles était 5, 3% contre 18,5% chez les garçons. L’alphabétisation des femmes et le taux de scolarisation des filles par rapport aux garçons dans l’enseignement primaire devrait atteindre respectivement 40% et 66% d’ici 2006. Le pays se trouve encore loin de l’objectif. Les disparités entre les genres ont été bien identifiées dans le DSRP, et le PARSET soutiendra la stratégie du Gouvernement en ce qui concerne l’éducation des filles. Bien que le fossé entre les genres ne soit pas comblé d’ici 2005, des progrès importants sont attendus dans l’enseignement primaire. Le Projet PASE en cours contribuera à l’atteinte des objectifs.
4- Réduire des deux tiers la mortalité infantile et natale entre 1990 et 2015. Le taux de mortalité infantile était d’environ de 105,8 pour 1000 en 2001. Le taux de mortalité des nouveau-nés/infantile devrait tomber à 150 pour 1000 d’ici 2006. Le pays se trouve encore loin de l’objectif. Les perspectives de réussite des objectifs sont favorables, avec les efforts poursuivis par le Gouvernement. Le Projet Santé II en cours contribue à l’atteinte des objectifs.
5- Réduire le taux de mortalité maternelle des trois quarts entre 1990 et 2015. Le taux de mortalité maternelle était d’environ 827 pour 100000 naissances vivantes en 2001. Le taux de mortalité maternelle devrait tomber à 700 pour 100.000 naissances vivantes d’ici 2006. Le pays se trouve encore loin de l’objectif. Les perspectives de réussite des objectifs sont favorables, avec les efforts poursuivis par le Gouvernement. Le Projet Santé II en cours contribue à l’atteinte des objectifs.
6- Réduire de moitié et inverser, d’ici 2015, la propagation du VIH/SIDA, de paludisme et d’autres maladies. Le taux de prévalence du VIH/SIDA était d’environ 5-12% (avec de larges disparités entre les régions) en 2001. Le taux de prévalence du VIH/SIDA devrait baisser à 3-10% d’ici 2006. Le pays est en passe d’atteindre l’objectif. Grâce à des efforts répétés et à une plus grande prise de conscience, les sites sentinelles semblent indiquer un ralentissement (sinon une inversion) de la propagation du VIH/SIDA. Le Projet Santé II en cours contribuera à l’atteinte des objectifs.
7- Garantir la durabilité de l’environnement et un meilleur accès à des sources d’épuration d’eau. Le nombre de familles ayant accès à l’eau potable est d’environ 36% en 2004. D’ici 2006, le nombre des familles ayant accès à l’eau potable devrait atteindre 30%. Le pays se trouve encore loin de l’objectif. L’objectif en 2006 du DSRP a été dépassé. La durabilité de l’environnement et l’accès à l’eau potable sont des priorités dans le DSRP du Tchad, mais réaliser les objectifs OMD est rendu difficile par la superficie très étendue du Tchad, comprenant des régions éloignées et difficiles d’accès.
Sources : PNUD, Banque mondiale, staff

1.1.7. Relations avec les Institutions financières internationales

1.1.7.1. Relations avec les Institutions de Bretton Woods

Le programme de référence couvrira la période du 1er juillet au 31 décembre 2008. Afin de s’assurer que l’exécution des dépenses demeure en conformité avec le budget, le gouvernement s’engage à maintenir une concertation dynamique avec les services du FMI dans l’exécution du budget de l’État. Le gouvernement à travers le Haut Comité interministériel de Préparation et de Négociation des Programmes soutenus par la Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance, assisté du Comité Technique (Cellule Economique, UCID ainsi que les différents services directement impliqués) assurera le suivi du Programme de référence jusqu’à la conclusion d’un nouveau programme triennal soutenu par la FRPC.

1.1.7.2. Relation avec la BDEAC

 



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