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1. CADRE MACRO-ECONOMIQUE ET SECTORIEL

1.1. CADRE MACRO-ECONOMIQUE DU PROJET

1.1.1. Généralités

La République Centrafricaine est un pays enclavé. Située au cœur du continent africain, juste au dessus de l’Équateur, elle s’étend du 2° au 11° parallèle nord et du 13° au 27° méridien est. Elle est délimitée au nord par le Tchad (1 197 km de frontière), à l’est par le soudan (1 165 km), au sud par la République démocratique du Congo (1 577 km) et la République du Congo (467 km) et à l’ouest par le Cameroun (797 km).

Les accès maritimes les plus proches se trouvent à plus de 1 500 km à partir de la capitale Bangui : Douala, au Cameroun (la transcamerounaise), et Pointe-Noire, en République du Congo (la transéquatoriale, par le fleuve Oubangui jusqu’à Brazzaville, puis par le Chemin de fer Congo-Océan jusqu’à Pointe-Noire). Ces deux ports, qui donnent sur l’océan Atlantique, assurent le transit de la majeure partie des échanges de marchandises du pays.

La population du pays est de 4303356 habitants inégalement répartis sur le territoire : Bangui la capitale compte 623.000 habitants, devant les préfectures de l’Ouham-Pendé (430.000 habitants), de l’Ouham (369.000), Mambéré-Kadeï (365.000) etc.

En dépit d’une forte dotation en richesse naturelle, notamment de riches terres agricoles et d’énormes ressources naturelles renouvelables et extractives, la Centrafrique un pays marquée par une économie de substance. L’économie du pays est essentiellement basée sur le secteur primaire (agriculture, élevage, forêts, chasse, pêche) qui représente environ 55 % du PIB.

1.1.2. Evolution de la production et de l’inflation

Les résultats macroéconomiques de la République centrafricaine pour l’année 2008 se caractérisent globalement par un léger ralentissement de la croissance économique, une détérioration du déficit du compte courant et de la situation monétaire, malgré le redressement timide des finances publiques, dans un contexte marqué par une résurgence des tensions inflationnistes.

En 2008, la contraction de l’activité économique de la République centrafricaine proviendrait d’une part de la conjoncture internationale difficile, la baisse des productions dans les branches agricoles, notamment des produits de rente, forestières et minières, le retard pris dans le financement des activités du DSRP et les difficultés d’approvisionnement en eau et électricité et d’autre part, de la dégradation de la balance commerciale due en partie à la baisse des volumes des exportations. À cet effet, la croissance s’est située à 3,2 % en 2008 contre 3,8 % en 2007, entraînant une progression du PIB réel par habitant de 0,7 %, pour un taux de croissance démographique de 2,5 %.

Du côté de l’offre, dans le secteur primaire, la branche « agriculture » a contribué de 0,8 point à la croissance, essentiellement expliquée par la bonne tenue des cultures vivrières, en liaison avec les conditions météorologiques, atténuée par le ralentissement des activités agricoles de rente dans certaines zones de conflit due en partie à la baisse du nombre des planteurs et au manque d’encadrement des producteurs. Quant à la branche sylvicole, son concours a atteint 0,2 point en 2008 en nette amélioration par rapport aux réalisations de 2007, en rapport avec la progression du rythme de progression du volume produit. Enfin, la contribution de la branche extractive a été négligeable, en liaison notamment avec la persistance de l’insécurité, de la fraude et de la contrebande dans certaines zones de production et, le faible rendement lié au caractère rudimentaire des outils de production.

Au niveau du secteur secondaire, la participation de la production manufacturière s’est située à 0,2 point à la croissance, en baisse par rapport à la réalisation de 2007 dont la contribution a été de 0,6 point à la croissance. Ce ralentissement des activités manufacturières découle notamment des difficultés d’approvisionnement en électricité et le renchérissement des coûts d’importation. L’apport positif de 0,2 point des Bâtiments et Travaux Publics à la croissance en 2007 s’est contracté en 2008, en rapport avec la finalisation de certains travaux engagés depuis 2007, notamment les travaux d’aménagement et d’assainissement de l’arrondissement de Galabadja à Bangui et celui des rues de la ville de Bangui, et la réhabilitation de certains axes routiers en provinces.

La contribution du secteur tertiaire a atteint 0,4 point, en nette contraction par rapport à 2007, en liaison principalement avec le ralentissement des activités dans la branche commerce et transports. Cependant, la sous-branche des télécommunications a connu un regain d’activité économique en rapport avec la vive concurrence entre les opérateurs économiques. L’apport de la branche des services non marchands est de 0,2 point, en nette amélioration, expliqué en partie par la poursuite de la mise en place effective des assistances techniques et l’amélioration dans la régularité de paiement des salaires aux fonctionnaires et agents de l’État.

S’agissant de la demande, la demande intérieure, principal moteur de la croissance économique, a soutenu l’activité économique à hauteur de 7,8 points, impulsée essentiellement par le dynamisme de la consommation privée dont l’apport est de l’ordre de 4,5 points. Cette performance de la demande intérieure s’explique par la bonne tenue de la consommation finale imputable à l’accroissement de l’effectif employé dans les secteurs industriel et commercial, au versement régulier des salaires aux fonctionnaires et agents de l’État, ainsi qu’aux retombées économiques de l’assainissement de certains secteurs clés de l’économie (mines, forêt et télécommunications). La demande extérieure nette, quant à elle, a déprimé la croissance avec une contribution de 4,6 points, sous le double effet de la baisse des exportations et de la forte progression des importations de biens et services consécutive à la reprise des activités économiques.

S’agissant des pressions inflationnistes, selon les projections du Ministère d’État chargé de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, le taux d’inflation se situerait autour 8,8 % en 2008 contre 1 % en 2007. Cette réapparition des tensions inflationnistes ferait suite à la flambée des prix des produits de première nécessité au niveau mondial, aux difficultés de transport et à l’augmentation des prix des produits pétroliers à la pompe.

1.1.3. Situation des finances publiques

L’objectif principal des Autorités contenu dans la Loi des Finances 2008 était la consolidation de la paix, la stabilité du cadre macroéconomique ainsi qu’une meilleure mobilisation des ressources intérieure et extérieure. Ce budget, présenté selon la nouvelle nomenclature budgétaire de l’État, s’inscrit dans le cadre du renforcement des dépenses sociales et de la couverture des besoins de la stratégie de réduction de la pauvreté. Dans ce cadre, les Autorités se sont engagées à d’intensifier le contrôle de l’utilisation effective des machines à bandes enregistreuses dans tous les grands magasins de la place, et l’audit sur le contrôle, le recouvrement et la comptabilisation de la TVA, le contrôle des gros contribuables et la mise en exécution de l’audit du guichet unique.

Les recettes budgétaires totales ont augmenté de 12,9 % sur toute l’année 2008, pour s’établir à 94,3 milliards contre 83,6 milliards en 2007. Elles correspondent à 10,2 % du PIB en 2008 contre 9,7 % du PIB en 2007. Cette évolution s’explique principalement par la consolidation des activités économiques dans la plus part des secteurs ainsi que par l’impact des réformes entreprises par le gouvernement dans la mise en application de l’objectif contenu dans la Loi des Finances relative à la meilleure mobilisation des ressources intérieure et extérieure. À cet égard, les recettes fiscales se situent à 73,0 milliards, en progression de 13,4 % par rapport aux réalisations de 2007. Cette amélioration des recettes budgétaires profite également de la bonne tenue des recettes non fiscales qui atteignent 21,3 milliards contre 19,2 milliards en 2007, en rapport notamment avec le paiement régulier des salaires, dont les gains sur salaires et l’encaissement des redevances des télécommunications.

De leur côté, les dépenses publiques se sont inscrites en forte hausse à 14,9 %, se situant à 118,3 milliards en 2008 contre 109,6 milliards une année auparavant. Cette progression des dépenses totales découle des augmentations de 10,7 % des dépenses courantes et 0,03 % des dépenses en capital. En effet, les dépenses courantes ont atteint 88,8 milliards en 2008 contre 80,2 milliards en 2007. Cette évolution provient de la hausse des traitements et salaires versés aux fonctionnaires (37,5 milliards en 2008 contre 36,3 milliards en 2007) qui tient compte de la prise en charge les nouveaux recrutements dans la fonction publique, des dépenses de biens et services à 19,4 milliards, destinées notamment à faire face aux dépenses de sécurité et de la forte progression des transferts et subventions (20,0 milliards), en raison de la prise en charge du règlement des arriérés. Les dépenses d’investissements, quant à elles, ont connu une faible augmentation de 0,03 % par rapport à 2007, pour se situer à 29,5 milliards en 2008 contre 29,4 milliards en 2007.

L’excédent du solde primaire de 0,7 % du PIB en 2007 se situe à 006 % du PIB en 2008, et le déficit budgétaire de base passe de 0,7 % du PIB en 2007 à 0,6 % du PIB en 2008.

En définitive, la gestion des finances publiques en 2008 s’est soldée par un déficit budgétaire, base engagement, hors dons, de 24 milliards (2,6 % du PIB), en léger repli par rapport à 2007 (26,0 milliards), soit 3,0 % du PIB en 2007.

En y ajoutant l’amortissement prévu de la dette extérieure de 11,5 milliards et la réduction des arriérés de paiements de 16,2 milliards, le besoin de financement de l’État ressortirait à 51,7 milliards. La mobilisation des financements extérieurs et intérieurs de 36 milliards dont 26,9 milliards de dons, 3,2 de tirages sur prêts, 17,4 milliards d’allègements de la dette extérieure permettrait de couvrir complètement ce besoin.

1.1.4. Balance des paiements

Dans le domaine des échanges extérieurs, le déficit des transactions courantes hors dons s’est détérioré pour s’établir à 102,7 milliards en 2008 (11,1 % du PIB) contre 81,1 milliards en 2007 (9,4 % du PIB). Cette évolution découle de la détérioration des soldes de la balance commerciale, des services et des transferts courants.

En effet, le déficit du commerce extérieur s’est dégradé davantage pour s’établir à 50,1 milliards en 2008 contre 33,8 milliards une année plus tôt, à cause de la faible progression des exportations (+1,2 % contre +3,5 % en 2007) particulièrement la baisse du diamant et l’augmentation du coton malgré la bonne tenue des exportations du bois (+ 4,1 %) par rapport aux importations (16,7 % contre 12,5 % en 2007). Cette évolution est imputable notamment à la poursuite de la détérioration des termes de l’échange (-), en liaison avec le maintien à un niveau élevé des prix du pétrole brut sur les marchés internationaux. Le déficit de la balance des services s’est aggravé, pour se situer à 47,8 milliards en 2008 contre 41,5 milliards l’année précédente, en relation avec l’évolution des dépenses de transport et d’assurance de marchandises. En revanche, le solde excédentaire des transferts courants s’est amélioré légèrement pour atteindre 31,3 milliards en 2008 contre 30,5 milliards une année plus tôt, en rapport avec la reprise timide de la mobilisation des financements extérieurs sous forme d’aides budgétaires. Enfin, le compte de capital et d’opérations financières s’est amélioré nettement, atteignant 75 milliards en 2008 contre 14,8 milliards en 2007, en liaison essentiellement avec la consolidation des investissements directs étrangers, notamment dans le secteur minier et bancaire avec la perspective d’ouverture d’une filiale de la banque nigériane Skye Bank.

En définitive, le solde global de la balance des paiements est redevenu positif, pour se situer à 1,3 milliard (1,8% du PIB) en 2008 contre un déficit de 35,7 milliards en 2007. Cet excédent déficit servirait au renforcement des réserves officielles de 6,2 milliards et au réaménagement de la dette de 11,2 milliards.

S’agissant de la dette publique, l’année 2008 a été marquée par la poursuite de l’amélioration du ratio de l’encours de la dette sur le PIB avec 64 % contre 68,7 % en 2007. Les autres ratios ont connu également une amélioration, avec 15 % contre 16,6 % en 2007 du ratio du service de la dette sur les exportations de biens et services, 18,6 % contre 22,9 % en 2007 pour le ratio du service de la dette sur les recettes budgétaires.

1.1.5. Situation monétaire

La situation monétaire pour l’année 2008 se caractérise par une augmentation des avoirs extérieurs nets, un allègement des créances nettes sur l’État, une augmentation des crédits à l’économie et par conséquent une progression de la masse monétaire.

En effet, les avoirs extérieurs nets se sont établis à 47,7 milliards contre 31,6 milliards en 2007, en rapport avec la reprise timide du redressement économique du pays. De leur part, les crédits à l’économie se sont situés à 72,7 milliards à fin décembre 2008 contre 59,1 milliards à fin décembre 2007, en augmentation de 23 %. L’objectif de paiement régulier des salaires et la reprise progressive des relations avec les institutions financières internationales contribueraient à restaurer un climat de confiance qui induirait un accroissement de la demande de crédit.

Les créances nettes sur l’État ont baissé de 3,2 % pour s’inscrire à 82,1 milliards à fin décembre 2008 contre 84,9 milliards une année plus tôt, en rapport avec l’évolution de la trésorerie de l’Etat.

En contrepartie à toutes ces évolutions, la masse monétaire a progressé de 19,1 %, s’établissant à 141,1 milliards contre 118,5 milliards en 2007. Par ailleurs, le taux de couverture extérieure de la monnaie a atteint 74,3 % en 2008 contre 62,3 % en 2007.

1.1.6. Situations sociales et environnement des affaires

L’étape de préparation du DSRP étant achevée, l’enjeu pour le pays consiste désormais à mobiliser les acteurs nationaux et les partenaires au développement autour des actions prioritaires nécessaires pour la mise en œuvre du premier cycle de la stratégie de réduction de la pauvreté sur la période 2008-2010.

Les principaux indicateurs sociaux du pays se présentent comme suit :

Taux d’alphabétisation des adultes : 43% ;
Espérance de vie à la naissance : 43,54 ans
Taux de mortalité : 18,65 pour 1000
Taux de mortalité infantile : 115 pour 1000…

Après une légère amélioration (1975-1985), l’indicateur de développement a baissé de manière continue de 2002 à 2004, passant de 0,361 en 2002 à 0,353 en 2004.

Dans le domaine des affaires, le gouvernement centrafricain a entrepris l’harmonisation des textes nationaux avec les règles internationales du commerce afin d’améliorer le cadre juridique et réglementaire nécessaire au développement du secteur privé. Il a mené d’autres actions dont l’adoption de deux (2) textes d’application de la charte des investissements et la loi y relative.

Dans le domaine de la Justice, le gouvernement a pris deux textes visant l’amélioration de la justice, l’un, portant création d’une section spéciale au sein du Parquet de Bangui et la mise en place de deux cabinent d’instruction spécialisée et l’autre, visant la création de l’organisation du Tribunal de commerce en République Centrafricaine.

Pour développer le secteur privé et attirer des investisseurs, les autorités se sont engagé, dans le cadre des arrangements avec le Fonds monétaire international, à consulter les opérateurs économiques avant de modifier la réglementation, et à ne pas supprimer les licences octroyées aux opérateurs, sauf si les conditions d’octroi ne sont plus remplies (notamment concernant le secteur de télécommunications). Par ailleurs, les autorités s’engagent à réviser le Code du travail afin de le rendre plus flexible et plus moderne.

Le gouvernement a entrepris de revoir les règles régissant la politique sur les marchés publics, qui présentent de graves lacunes, engendrent la mauvaise gouvernance, et risquent de miner la confiance des investisseurs.

Aussi, dans le souci de limiter la fraude et les détournements, le Gouvernement a décidé d’appliquer systématiquement la loi sur la Déclaration du patrimoine. Cette déclaration, incluant des sanctions et un système de vérification, est inscrite dans la Constitution pour les membres du gouvernement.

D’autres décisions du gouvernement touchant aux réformes de passations des marchés, à la gouvernance dans les secteurs forestier et minier, ainsi que dans le secteur pétrolier permettent d’assainir l’environnement des affaires en Centrafrique.

1.1.7. Relations avec les Institutions financières internationales

1.1.7.1. Relations avec les Institutions de Bretton Woods

Les relations avec le FMI ont été caractérisées par le décaissement du troisième prêt au titre de la FRPC pour un montant de 8,670 millions de DTS, soit environ 5,9 milliards de FCFA en juillet 2008, ainsi que le séjour de la mission de la troisième revue du programme FRPC, du 11 au 25 septembre 2008. Cette mission s’est globalement déroulée dans les bonnes conditions et on note que les critères de réalisation quantitatifs et les mesures structurelles ont été observés, à l’exception du critère relatif à l’apurement d’arriérés sur le service de la dette extérieure, qui fait apparaître une accumulation d’arriérés vis-à-vis de la BAD et de la BADEA. À cet effet, le gouvernement a sollicité une dérogation pour la conclusion de la troisième revue du programme.

1.1.7.3. Relations avec la BDEAC


 



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