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Guinée Equatoriale

1. CADRE MACRO-ECONOMIQUE ET SECTORIEL

1.1. CADRE MACRO-ECONOMIQUE DU PROJET

1.1.1. Généralités

La République de la Guinée Equatoriale, située dans le Golf de Guinée, compte environ 506.000 habitants (Banque mondiale, 2004) et croît au rythme de 2,8% par année. Sa superficie est 28.051 km2. Malabo et Bata sont les principales villes.

Sur le plan des principaux indicateurs sociaux, la Guinée Equatoriale est classée au 120ème rang en termes d’IDH, lequel est évalué à 0,653 en 2004, le niveau le plus élevé de la CEMAC. L’espérance de vie est des 42,8 ans en 2004, et le taux d’alphabétisme (% de plus de 15 ans) est de 87% en 2004 contre 84,2 en 2003.

1.1.2. Evolution de production et inflation

Les perspectives économiques de la Guinée Équatoriale en 2008 se caractérisent par un maintien d’une forte croissance économique, un raffermissement de la situation budgétaire, un renforcement de la monnaie commune, et une stabilisation du compte courant, tout ceci dans un contexte de tension inflationniste.

En 2008, l’activité économique de la Guinée Équatoriale se caractériserait par une forte croissance, mais en net repli de 10 points par rapport à 2007. Elle se situerait à 12,9 % en 2008 contre 23,6 % un an plus tôt, entraînant une augmentation du PIB réel par habitant de 8,6 % pour un taux de croissance démographique de 4,3 %.

Du côté de l’offre, le secteur primaire contribuerait négativement de 0,1 point à la croissance, en liaison principalement avec la baisse de la production pétrolière et dans une moindre mesure de la production de la sous-branche « bois ». En effet, l’apport de la production pétrolière serait stable, car sa production atteindrait 17,5 millions de tonnes entre 2007 et 2008. Parallèlement, la production du bois dans son ensemble se situerait à 559 500 m3 contre 608 100 m3 en 2007, soit une réduction de 8 %. La mise en application du décret instituant la transformation de 85,0 % du bois de grume avant exportation tarderait à avoir des effets sur cette sous-branche. En revanche, la sous-branche « agriculture » participerait positivement de 0,1 point à la croissance, en raison de l’évolution de l’activité de l’agriculture vivrière grâce à une pluviométrie abondante et aux différentes mesures prises par le gouvernement en vue de renforcer le secteur non pétrolier. Le secteur secondaire enregistrerait une contribution forte (12,1 points) en recul presque de moitié par rapport à son niveau de 2007 (21,0 points). Cette tendance découlerait principalement du concours de la production des gaz et méthanol à hauteur de 10,4 points, grâce aux différentes structures de production de valorisation de la production du gaz naturel et des dérivés du pétrole. Le secteur secondaire bénéficierait également de l’apport des sous-secteurs « eau-électricité et BTP » qui participeraient de 1,6 point à la croissance. Enfin, le secteur tertiaire contribuerait positivement à la croissance à hauteur de 0,8 point, en liaison avec essentiellement le développement de la sous-branche « services financiers et immobiliers » et dans une moindre mesure de sous-secteur commerce et restaurants. Cette configuration montre la forte concentration de la structure productive de l’économie au profit du secteur des hydrocarbures. Il importerait donc de mettre en place des mesures incitatives en faveur du secteur primaire, principalement envers le sous-secteur agricole, afin de favoriser la diversification de la structure productive de l’économie.

En ce qui concerne la demande, la demande intérieure demeurait la composante motrice de la croissance économique en Guinée Équatoriale, car son apport atteindrait 16,3 points à la croissance, impulsée simultanément par les investissements bruts (7,5 points) et de la consommation globale (8,8 points). L’augmentation du pouvoir d’achat, due aux nouveaux recrutements dans la fonction publique et des recrutements dans le secteur informel des BTP, serait à l’origine de l’augmentation de la consommation privée. En revanche, la demande extérieure déprimerait la croissance de l’ordre de 3,4 points en liaison avec une progression des importations plus forte que l’augmentation des exportations.

La poussée inflationniste en 2008 continuerait son envolée. Elle serait entretenue par la hausse des prix à la consommation des ménages, soutenue notamment par la revalorisation des salaires et l’expansion des activités dans les secteurs à haute intensité de main d’œuvre comme les BTP. En effet, selon les services de la Direction Générale des Statistiques et des Comptes Nationaux, le taux d’inflation se situerait à 6% contre 5,5% en 2007.

1.1.3. Situation des finances publiques

En 2008, le principal objectif du gouvernement contenu dans la Loi des Finances serait de poursuivre leur effort de consolidation des finances publiques, de réduction de la pauvreté et d’amélioration de la bonne gestion des ressources pétrolières dans le cadre de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (EITI) et du programme issu de la 2e Conférence Economique Nationale de novembre 2007.

Dans ce contexte, les recettes budgétaires totales atteindraient 2 889,9 milliards contre 2 308,6 milliards en 2007, en hausse de 25,2 % par rapport à leur niveau de l’année précédente et comprendraient 2 694,5 milliards de recettes pétrolières et 195,5 milliards de recettes hors pétrole. Les recettes pétrolières seraient en augmentation de 28,5 % par rapport à 2007, imputables au maintien du prix du baril de pétrole à un niveau élevé. Par contre, les recettes hors pétrolières se dégraderaient de 7,5 % et représenteraient 2,7 % du PIB en 2008 contre 4,1 % du PIB un an plus tôt, en liaison avec le niveau encore embryonnaire des activités non pétrolières.

Pour leur part, les dépenses budgétaires totales en 2008 se caractériseraient par une forte augmentation des dépenses en capital. En effet, elles atteindraient 1 483 milliards en 2008 contre 1 236,5 milliards un an plus tôt, en forte progression de 19,9 %. Les dépenses en capital passeraient de 1 018,8 milliards en 2007 à 1 130,4 milliards une année plus tard, traduisant ainsi les efforts du gouvernement dans sa politique d’engagement des ressources nécessaires à la mise en place des infrastructures de base. Les dépenses courantes se situeraient à 352,5 milliards contre 217,7 milliards en 2007, en hausse de 62,0 %. Cette évolution s’expliquerait par les augmentations des salaires et traitements (16,6 %), en liaison essentiellement avec la révision à la hausse des salaires des fonctionnaires et aux nouveaux recrutements dans la fonction publique, des dépenses en biens et services (65,5 %) et des transferts et subventions (93,4 %).

L’excédent du solde primaire se contracterait à 20,3 % du PIB en 2008 contre 20,9 % un an plus tôt ainsi que celui du solde budgétaire de base, à 20,2 % du PIB en 2008 contre 20,8 % du PIB en 2007.

En définitive, la gestion budgétaire de l’État en 2008 se solderait par un excédent, base engagements, hors dons, de 1 407 milliards (20,2 % du PIB) en baisse relative par rapport au niveau atteint en 2007 (1 072,1 milliards, soit 20,8 % du PIB). Cet excédent servirait à couvrir l’amortissement de la dette extérieure de 18 milliards et le désengagement de l’État vis-à-vis du système bancaire et non bancaire à hauteur de 1 389 milliards.

1.1.4. Balances des paiements

S’agissant des échanges avec l’extérieur, l’excédent des transactions courantes, transferts publics exclus s’améliorerait davantage en 2008 et s’établirait à 664,8 milliards contre 59,9 milliards une année auparavant. Cette performance résulterait de l’amélioration du commerce extérieur en liaison avec la bonne tenue des termes de l’échange, en dépit des contre-performances enregistrées par les balances des services, revenus et transferts sans contre partie.

En effet, l’excédent du commerce extérieur s’accroîtrait à 5195,5 milliards en 2008 contre 3 582 milliards en 2007, en progression de 45,0 %. Les exportations augmenteraient de 35,5 %, pour se situer à 6649 milliards en 2008 contre 4 907,2 milliards une année auparavant, en liaison avec la progression des ventes de pétrole et de ses dérivés. Pour leur part, les importations de biens et services croîtraient de 9,7 %, pour atteindre 1453,5 milliards en 2008 contre 1 325,2 milliards une année plus tôt, particulièrement en relation avec l’évolution notable des achats de biens d’équipements publics.

Le déficit de la balance des services se dégraderait davantage pour s’établir à 610,4 milliards, soit une variation de 16,1 % par rapport à l'année précédente, en rapport avec l’accroissement d’une part des dépenses de fret, assurance et transport et d’autre part des dépenses liées aux services des travaux connexes du secteur pétrolier.

Parallèlement, le déficit des revenus s’accroîtrait de 30,1%, en raison de l’augmentation des revenus des investissements privés du secteur pétrolier, ainsi que des transferts courants de 24,2 %, en relation avec une augmentation des envois des fonds des travailleurs.

Enfin, le compte de capital et d’opérations financières excédentaire de 250,9 milliards en 2007 deviendrait déficitaire de 148,5 milliards en 2008, en relation avec l’évolution des autres investissements du secteur pétrolier.

En définitive, la balance des paiements dégagerait un excédent de 514,8 milliards en 2008, en augmentation 182,4 % par rapport à son niveau de 2007. Cet excédent de ressources viendrait consolider les réserves officielles.

S’agissant de la dette publique, l’évolution des ressources budgétaires se traduirait par une légère augmentation du ratio du service de la dette sur les recettes budgétaires à 0,7 % du PIB contre 0,6 % du PIB en 2007. On note cependant une stabilité du ratio du service de la dette par rapport aux exportations de biens et services de l’ordre de 0,3 % du PIB. En revanche, le ratio de l’encours de la dette extérieure sur le PIB s’améliorerait (0,8 % du PIB en 2008 contre 1,5 % du PIB en 2007).

1.1.5. Situation monétaire

La situation monétaire de la Guinée Équatoriale en 2008 se caractériserait par une amélioration sensible des principaux agrégats monétaires. Cette embellie serait la conséquence du bon comportement du secteur pétrolier, moteur de l’économie équato-guinéenne.

Les avoirs extérieurs nets progresseraient de 28,7 %, pour s’établir à 2 316,9 milliards en 2008 contre 1800,5 milliards un an plus tôt. Cette évolution serait principalement imputable à la progression de la position extérieure nette de la Banque Centrale qui aurait tiré profit de la récente flambée des cours du pétrole sur les marchés internationaux.

Les crédits à l’économie s’établiraient 208,1 milliards en 2008 contre 183,7 milliards en 2007, en hausse de 13,3 %, imputable notamment à l’évolution des concours à court terme consentis aux entreprises des secteurs des services, des bâtiments et travaux publics et du secteur parapétrolier et, dans une moindre mesure, aux ménages.

La Position créditrice de l’État envers le système bancaire se renforcerait pour s’établir à 1 993 milliards en 2008 contre 1 527,2 milliards en 2007, en rapport notamment avec le renforcement de la trésorerie de l’État.

Comme conséquence de cette évolution, la masse monétaire s’accroîtrait de 15,3 %, atteignant 518,5 milliards en 2008 contre 449,9 milliards à fin décembre 2007 et le taux de couverture extérieure de l’émission monétaire se situerait à 99 % en fin 2008 contre 97,7 % en 2007.

1.1.6. Situation sociale et environnement des affaires

La 2e Conférence économique nationale de la Guinée Équatoriale a eu lieu du 12 au 14 novembre 2007 à Bata, sur le thème « Guinée Équatoriale 2020 » Agenda pour la diversification des sources de la croissance. L’objectif était de formuler des stratégies pour le développement de la Guinée Équatoriale à l’horizon 2020. Les conclusions ont porté sur le secteur social (santé et éducation).

1.1.7. Relations avec les Institutions financières internationales

1.1.7.1. Relation avec les Institutions de Bretton Woods

La Guinée Équatoriale entretient actuellement des relations de suivi des activités avec les institutions internationales, notamment avec le FMI. C’est dans ce contexte que lors de la dernière revue du FMI dans le cadre des consultations au titre de l’article IV en septembre 2008, la mission a attiré l’attention des autorités gouvernementales sur la gestion des ressources pétrolières. Elle a mis l’accent sur la gestion des fonds des générations futures, des fonds de réserves et des fonds de stabilisation. Aussi, le FMI a fortement interpelé les autorités sur la forte explosion des dépenses en investissements publics. Il a recommandé que celles-ci soient réorientées vers les secteurs sociaux, notamment dans le domaine des infrastructures de base (santé, éducation …).

 



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